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Extraits de la première partie: LES ROYAUMES TERRESTRES
Dans: "Hymne au Visage d'Ombre de la TERRE"
Brumes d'aube
Le train passe en rêvant tout au long de la Seine,
Et ses fumées d'argent folâtrent sur les eaux...
Le flot mélancolique doucement se promène,
Et pas un vol d'oiseau ne fait gémir l'écho.
La brume épaisse, au loin, s'infiltre dans les plaines...
A l'horizon scintillent de fragiles lumières...
Les nuages couleur de vaporeuse laine
Dorment sur les toits gris des paisibles chaumières.
Les vapeurs noires jailies des cheminées d'usine
Peignent au fond du ciel des ombres de fantômes,
Des enchanteurs Merlin et des fées Mélusine
Dont la magie rayonne mille brillants atomes.
Le jour très lentement se réveille et s'étire,
Met un peu d'or solaire sur ses vêtements gris.
Les nuages s'estompent, les brumes se déchirent,
Le train poursuit sa route au long du flot qui luit...
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Plaintes du soir
Le vent dans les grands pins
Déchaîne mille tempêtes
Et des rumeurs de fête
Et des clameurs sans fin.
Le vent né des grands pins
Pleurant sa longue plainte
Fait de sa dure étreinte
Trembler tous les jardins.
J'entends souvent le soir
Toutes ses houles folles
D'où les spectres s'envolent
Hurler sous les pins noirs.
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Vertige de l'âme
Dormir dans un silence,
Dormir dans les bras de la nuit,
Couché en un linceul d'argent,
D'argent comme sont
Les étoiles qui n'existent pas.
Ne plus rien dire au jour,
Ne plus savoir les mots,
Ne plus penser,
Dormir.
Dormir immensément
Comme dorment la nuit
Les gigantesques cimes des glaciers
Plantées dans le coeur des ténèbres,
Sous les yeux impassibles
Des innombrables galaxies.
Dormir à l'infini...
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Mélancolie
Si tu savais comme le violoncelle
Pleure sous le regard vert des feuillages,
Tandis que sous les branches en nacelle
Il songe, effleuré par les grands nuages.
O la douceur tiède de la musique,
Le parfum des lilas, les herbes molles,
Le ciel de rose et l'heure trop magique
Et tes mélancoliques idées folles...
Amèrement le désir de mourir
Sous le souffle léger des vents lointains,
Pour éployer tes ailes qui chavirent
Vers l'aube bleue des pays incertains...
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Horizon noir
Le train qui fuit
Sifflant, sautant,
Vers le ciel gris
Des joies d'antan.
Un arbre luit
Sur l'herbe noire,
Un oiseau crie
Son chant du soir.
A l'horizon
Gémit sans trève
Une maison,
Tombeau de rêve.
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Poids du Temps
L'étang sombre est tranquille
En mon âme pensive,
Les fleurs battent des cils
Sur ses dormantes rives.
Les sommets sont voilés
Par des nuages gris,
Sous les cieux constellés
Que l'ombre travestit.
Triste, si triste suis-je
Mélancoliquement,
Que tout l'étang se fige
Et se meurt lentement.
Vêtues d'un noir manteau
Les heures s'échevèlent,
Mon coeur est un bateau
Que la peine ensorcelle.
Et c'est un triste ossuaire,
Pâlissament semé
De fleurs et de calvaires
Et de regards aimés.
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Toi, mon frère de misère
O toi qui meurs de faim,
Toi que la fièvre oppresse,
Vers toi se tend ma main.
Toi dont l'amour se glace,
Toi qui tousses et qui râles,
Je souffre de ton mal.
Toi, mon frère de misère,
Dont le front est levé
Vers un ciel trop muet,
Je prie pour que la Paix
Et ses navires blancs
Vogue jusqu'en ton âme,
Pour que te soient offertes
Sa flamboyante Grâce
Et sa tendre Douceur.
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Lenteur du Temps
Les roses dorment, tel un coeur pourpre dans le vase,
Et le cristal scintille au bord de leurs pétales.
Leur corolle épanouie en une muette extase
Voluptueusement, tel un parfum, s'exhale...
La pendule qui marche mélancoliquement
Rythme dans le jardin le pas doux de la pluie.
Chaque minute tombe, mourante lentement,
Derrière la vitre pâle où l'eau brillante luit.
Le silence assoupi dans un vaste fauteuil
Regarde la poussière et le temps qui s'enfuient.
Son ombre transparente que les miroirs recueillent
Glisse vers les jardins sur les allées de buis.
Le vent qui se balance soupire dans les branches.
Par la fenêtre on voit un coin bleu sous le ciel,
Les roses tièdement dans la maison épanchent
Leur beauté délicate aux teintes irréelles.
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Regret
Sous les étangs moirés, là se cache ma peine.
Une rose d'automne pâlit sous le soleil.
Dans le boudoir où flottent des parfums de verveine
Je voudrais, châtelaine, ouïr le son d'une vielle...
Dormir dans un lit blanc de fragile dentelle
Avec un baldaquin qui penche vers le ciel,
A travers le vitrail que le jour échevèle
Mourir tout doucement à l'heure solennelle...
Avec un diadème en de longs cheveux d'or,
Un vieux livre qui brille dans le creux d'une main,
Un soupir dans le coeur, un portrait qu'on adore
Le visage tourné vers les longs lendemains...
Un peu d'air pâle qui passe, frais comme les matins,
La vie lente coulant dans la grande demeure,
Le silence posé sur le faîte des pins,
Le bruit de la pendule qui déroule les heures...
La vielle qui s'égrène harmonieusement,
Parcourant les jardins où dorment les étangs...
Ici rien ne se trouve d'amour ni de serment,
Que fais-je à regretter les vies douces d'antan?
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Délires étranges
Le papier s'est brisé
En mille failles blanches
Dont le cristal glacé
Forme un miroir étanche,
Et ses tons irisés ne peuvent s'effacer.
Les mots se sont perdus
En reflets voyageurs,
Leurs lettres sont vêtues
D'un masque sans couleur,
On ne sait plus traduire
Leurs étranges délires.
D'une vitre fendue
Tombent de grands éclats,
Avec une main nue
Aux longs doigts délicats,
Silencieusement,
Comme un cri transparent.
Un vaste jardin mauve
Rayonne son mystère
Vers où les mots se sauvent,
Et les morceaux de verre
Lentement diamantent
La main resplendissante...
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Initiation de douleur
Si tu as entendu, un jour, sur cette terre,
Les violons gémir comme un mort qu'on enterre,
Si tu as parcouru les sombres cimetières
Quand il fait froid et noir et que ton coeur se serre,
Si tu as vu briser comme un cercueil de verre
Tes tendres illusions, tes songes de Cythère,
Ne maudis ni les dieux ni les hommes, tes frères,
N'enferme pas ton âme en un carcan de fer.
Traverse sans effroi les brumes des chimères,
Contemple à l'horizon ces blancheurs somptuaires
Dans lesquelles, bientôt, ton être de lumière
Découvrira la Paix qu'aucune ombre n'altère.
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DEUXIEME PARTIE: LES TEMPLES DE LA LUNE
Pays de songe et de mystère
A VENIR....







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