LE TRIPTYQUE DES REVERIES
REVERIE AU BORD DU SOMMEIL...
Dans la nuit d’outremer, soulevant les paupières
J’ai vu soudain la chambre entrouvrir son plafond
Envol vertigineux vers la voûte étoilée,
Griserie de mon corps, libre, en apesanteur,
Inoubliable ivresse, étonnement, splendeur,
L’étincellement pur, la musique des sphères,
Et puis, plus rien ! Un voile a recouvert l’éther…
Voici surgir un puzzle aux motifs fascinants,
C’est une galerie d’images futuristes
Qui, tel un tsunami, submergent mon esprit…
Un monde nouveau-né peu à peu m’apparaît :
Sur la planète bleue, il n’est plus de forêts,
Pas un seul arbre au loin, pas un soupçon de vert,
Ici et là dressées, d’énormes tours génèrent
L’oxygène à grands flots, il n’y a plus de plages,
Je découvre des champs de milliers d’éoliennes
Dont les rangs trop serrés pareils à des barreaux
En occultant la vue de nos beaux paysages
Transforment notre terre en une affreuse geôle.
Les maisons sont un cube où le verre reflète
Les rayons affaiblis d’un soleil moribond,
Il y a des humains qui marchent lentement,
Comme épuisés de vivre au cœur d’une prison,
Mais pas un animal visible à l’horizon.
Dans le ciel grisailleux, pas un avion ne vole,
Tout a l’air triste et laid, je cherche des couleurs…
Je n’en peux plus de voir cet horrible spectacle !
M’arrachant violemment à ce songe éveillé,
Je me lève et je vais entrouvrir la fenêtre
Pour respirer l’air frais qui monte du jardin,
Mon cœur qui bat s’apaise et je me sens revivre,
L’aube pointe ses lueurs, et les oiseaux qui chantent
Font fuir le cauchemar de cette rêverie.

