LE TRIPTYQUE DE LA BEAUTE
1. D’où vient que la Beauté…
D’où vient que la Beauté parfois nous monte à l’âme ?
Quelle est sa clef cachée, son secret, son sésame ?
Dans un recueil rempli par des milliers de mots,
Pourquoi certains sont-ils plus touchants et plus beaux ?
Tel un soleil ardent qui fait mûrir les fruits,
Elle engendre la joie au fond de nos esprits,
Telle une eau bienfaitrice aux lèvres d’un blessé,
Elle rend plus profond le désir d’exister.
Depuis l’aube des temps, elle parle aux humains
Par codes différents un langage commun.
Sous toutes latitudes et toutes longitudes,
Elle peut nous plonger en sa béatitude
En nous offrant à voir ou entendre ou toucher
Quelque chose qui va nous faire palpiter,
Quelque chose qui vibre en notre être intérieur,
Nous comblant d’une extase aux vertus supérieures.
On dit que c’est des Dieux un morceau de Lumière
Que pour nous consoler ils nous auraient offert.
La Beauté serait donc, en un éclair fugace,
De quelque Transcendance une éclatante trace ?
Sa présence sans cesse éclaire nos journées,
On la voit chaque jour près de nous rayonner,
Procurant une étrange et merveilleuse ivresse
Qui, mieux qu’un vin fameux, nous met le corps en liesse.
Elle adopte pour forme un arbre ou une fleur,
Un tableau ou un chant, un poème qui pleure,
Un vase très ancien, un visage parfait,
Une danse gitane ou un miserere,
Un paysage immense où s’endort le soleil,
Un horizon sans fin où le bleu étincelle,
Un sourire d’enfant, un bijou ciselé,
Un cristal, un diamant, un livre enluminé,
Un vitrail scintillant dans une cathédrale,
Une rose épanouie dont s’effeuille un pétale,
Et tant d’autres trésors qu’on ne peut les citer
Car tout autour de nous ils brillent par milliers…
Que ce soit par cela ou par d’autres splendeurs,
La Beauté pourrait bien nous rendre un peu meilleurs,
Nous montrant en ce monde, au lieu de la violence,
De la haine qui ôte en nous toute conscience,
De la folie qu’engendrent tous nos égoïsmes,
Notre matérialisme et notre impérialisme,
Un bien à partager par nos peuples unis :
Cette magnificence éparse à l’infini…


