19 janvier 2012
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VOICI MON DERNIER LIVRE QUI VIENT DE PARAITRE.
Quelques extraits:
Le seul titre si symbolique de cet ouvrage « Le Livre des Triptyques » est par lui-même déjà garant de qualité.
L’origine de ce vocable vient du grec « TPITTUXO », plié trois fois, mais fait surtout en notre mémoire référence à la Trinité chrétienne, à l’emblème Terre, Ciel et Eau, et aussi aux trois rêves secrets de l’alchimiste, apporter le salut à l’humanité.
Personnellement, je rapprocherais plus précisément ce triptyque poétique de Frédérique Sternberg-Ramos du fabuleux « Jardin des délices » de Jérôme Bosch.
Pareil à un mystère initiatique, approchons-nous des déclinaisons de Frédérique Sternberg-Ramos. Qu’elle s’exprime à nous en prose ou en vers, je n’ai toujours rencontré chez elle que préciosité, onirisme, légende et raffinement, le tout festonné d’une délicatesse princière. La beauté s’y trouve sublimée, comme si le ciel voulait s’approprier tout ce qui contient du sacré.
« Il est un ciel caché d’un rose impénétrable
Passant par le bord doux d’un nuage perdu… »
Notre poétesse porte son regard vers le ciel et se laisse guider par les vents. Chaque nouvelle œuvre est un don de l’au-delà, oserais-je dire un cadeau des « dieux ? ».J’esquisserai la formule !
Elle nous invite toujours à voyager comme des nomades dans le désert mystique, dans ses mondes parallèles, avec en prime une touche animiste.
Elle est fascinée par les grands arbres d’Afrique, elle chante les hautes terres fragilisées.
« Le Grand Arbre palpite et rayonne alentour… »
Elle possède toujours cette délicatesse verbale de nous faire basculer dans la douceur, la tendresse, la prévenance.
Ses poèmes se présentent à nous comme un sourire, un effleurement. D’une juste métaphore, elle estompe les noirceurs de l’adversité :
« Et que toute âme humaine apprenne la candeur. »
Sur le parvis du temple de sa poésie, quelques petits personnages séraphiques « Gardiens du Domaine » sont en faction, c’est sa manière à elle de combler les sillons de l’absence…
Nous avançons pas à pas dans le labyrinthe de l’initiation, un monde d’entre deux, un espace chargé de mystère cosmique, un univers de rêve, de paix, d’amour et d’équité, si fragile si éphémère.
« Prends garde, car le temps va effacer tes traces »
À l’aune de sa poésie, Frédérique Sternberg-Ramos témoigne du drame de la terre victime de l’inconscience et de l’agitation de ses locataires, les plus irresponsables de tous les prédateurs, l’homme, cet effroyable fossoyeur.
« Ton monde tout entier peu à peu va s’éteindre. »
« Hommes, je vous accuse de meurtre avec préméditation… »
Bien pertinente vision prémonitoire.
Mieux vaut laisser le vent tourner les pages, judicieuse prudence, sage réserve !
Cette poésie contient les reflets d’une intense sagesse, ainsi que d’une expérience profonde, toujours soulignée d’une pointe d’ésotérisme, afin peut-être de mieux tendre vers l’ineffable.
Frédérique Sternberg-Ramos joue merveilleusement avec les formules et les images poétiques, chez elle tout devient lucide transcendance.
Alors ouvrez ce « Livre des Triptyques » comme un viatique, un recueil de transmission porteur de toute une gamme de nuances d’humanisme et d’amour pour les générations à venir. Un chant où l’homme doit très vite se ressaisir.
« La force du destin est-elle vaincue par l’homme
Quand il se lève enfin, l’âme remplie d’audace
Prêt à livrer bataille pour transformer son monde ?... »
La poésie délivre ce cri qui peut-être interrogera l’humanité, c’est pour cela que notre fidèle amie écrit, tout simplement pour retrouver le vrai regard d’un Homme !
Michel Bénard.
Lauréat de l’Académie française.
Chevalier dans l’ordre des Arts et Lettres.
Le Livre des Triptyques
Le Triptyque de l'Arbre (1)
Le Triptyque de l’Arbre (2)
Quand le printemps revêt de blancheur chaque branche,
L’abricotier, très fièrement dans le verger,
Fait concurrence au cerisier.
Puis s’envolent et meurent les pétales rosés,
Laissant place au mystère du fruit caché qui naît…
L’arbre devient porteur des œufs d’ocre et de miel
Qui peu à peu revêtent un ovale parfait,
Une sorte d’orange-jaune velouté
Promettant des saveurs sucrées…
L’abricotier, parfois, penche ses lourds branchages,
Et laisse s’échapper, d’un geste généreux,
Sur l’herbe fine et douce, un de ses fruits précieux.
Plus souvent, avouons-le,
C’est un oiseau gourmand des tendres abricots
Qui vient, d’un bec pointu, piquer la chair fondante,
Sous le regard furieux des humains impuissants…
Les délices juteux sont ainsi disputés
Entre l’homme et l’oiseau tout au long de l’été
Jusqu’au moment où l’arbre, un peu mélancolique,
Dépouillé de ses fruits retrouve sa verdure…
Bientôt viendra l’automne et le sommeil du froid
Jusqu’au jour rayonnant
Où les bourgeons craquants au goût de bonne sève
Darderont vers le ciel leur pointe rose et douce…
Le Triptyque de l’Arbre (3)
Il est le Gardien du Domaine
Le roi de la savane qui détrône les lions
Car l’ombre majestueuse
danse sous ses feuillages
Dispensateur de paix
sa fraîcheur est sacrée
Il est le porteur noble des pensées des vents
On sommeille à loisir sous ses rameaux pesants
Et les rêves s’exaltent
Dans l’aura d’émeraude entourant ses branchages
On ne sait plus son nom
aux étranges vocables
On l’appelle « Grand Arbre » ou « L’Ancêtre-qui-sait »
En son cœur végétal dorment bien des secrets
Il en a vu des hommes aux peaux brunes et blanches
Venir lui raconter leurs deuils et leurs amours
Et des fauves repus alanguis de bonheur
Calmes comme un enfant sous ses berceaux de jade
Savourer longuement l’or pourpre du couchant…
Où donc vont ses racines
dans ce sol si aride ?
Et quelle eau le nourrit
mystérieuse et propice
Qui l’aide à façonner son tronc si magnifique ?
Immobile et serein sous le soleil de braise
Le Grand Arbre palpite et rayonne alentour
Le charme si troublant
de l’envoûtante Afrique.
| Cueilleur des vents qui vont et viennent |
| Sur le treillis de ses feuillages, |
| Il règne, il rêve… |
| Il scrute avidement le ciel souvent mouvant |
| Que sillonnent sans fin des nuées voyageuses, |
| Il offre asile aux nids, aux fruits, aux fleurs |
| Et se laisse à l’automne dépouiller de ses feuilles |
| Qu’il regarde voler vers un ailleurs lointain… |
| Car il aimerait tant, |
| Loin des racines denses et des troncs si pesants, |
| Vivre une vie nomade et partir au désert |
| Voir les lunes dormir sur les dunes dorées |
| Loin de ses verts royaumes dont son âme est lassée… |
| Puis visiter l’Afrique, |
| Les terres exotiques dont les oiseaux rapportent |
| Des contes merveilleux, |
| Sentir d’autres parfums émaner de la terre, |
| Ecouter d’autres peuples incanter à genoux |
| Les déesses des pluies ou les dieux du soleil… |
| Puis monter vers l’azur |
| Découvrir les sommets de silence éternel, |
| Cette blancheur glacée des cimes impalpables |
| Comme un rêve de nacre exalté par l’aurore… |
| Son écorce est rugueuse |
| Mais ses branches noueuses s’habillent de velours, |
| De feuilles couleur mousse aux visages si tendres |
| Que les ailes s’y posent comme sur un berceau… |
| Graveur d’histoires, il sait |
| L’étrange destinée des bêtes et des hommes |
| Qui près de lui vécurent d’éphémères moments… |
| Il résiste aux tempêtes et défie les éclairs |
| C’est comme si son cœur, au creux de la forêt, |
| Battait la joie, l’espoir et la force de vivre, |
| Ce qui nous fait lutter chaque jour en peu plus |
| Et chercher la lumière qu’on croit avoir perdue… |
| Dispensateur de l’ombre aux fraîcheurs bienfaisantes, |
| Sourcier de la lumière accrochée aux ramures, |
| Il impose respect |
| Au fin fond des forêts qui scellent son mystère |
| Dans la magique aura des immenses clairières… |
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