PAYSAGES DE L’AME
Parfum léger, onde subtile
Une brise sur des rivages
Empreinte d’âme indélébile
Rare et unique paysage
Essence d’être si précieuse
Qu’on veille à ne pas l’altérer
Idée fragile et merveilleuse
D’une transcendante clarté
En nos corps soudain exilée
Elle cherche un abri paisible
Pour pouvoir se remémorer
L’azur des mondes invisibles
Elle s’invente un lac d’argent
Epanouissant mille reflets
Pour y bercer secrètement
Ses plus délicates pensées
Dans le ciel au-dessus des flots
Glissent des gerbes étoilées
On entend s’épeler des mots
D’amour, de joie et de beauté
Tableau de nacre ou de cristal
Tapisserie d’aubes filantes
Le paysage d’âme exhale
Une splendeur phosphorescente
Telle un automne aux mains pourprées
Qui chatoie sur l’horizon pâle
Elle colore en mordoré
Ses plus beaux songes d’idéal
Telle une claire roseraie
Aux fines et suaves fragrances
Elle éclôt ses jardins de paix
Au square blanc de nos consciences
Elle aime aussi se reposer
Pour prolonger ses rêveries
Dans le recueillement sacré
De ses cavernes d’utopies
On la devine quelquefois
Penchée sur le bord d’un regard
Fleurissant le son d’une voix
Tel au lointain l’éclat d’un phare
Discrète, exquise est sa nature
On sent comme bruire ses ailes
On croit percevoir son murmure
Lorsqu’en nous chante son appel
C’est un mystère, un don cosmique
L’être humain en sait-il le prix ?
Plus qu’une vue panoramique
L’âme est le site de la Vie.



