Il était une fois une mer au vent pur...
Il était une fois
une mer au vent pur
qui cherchait une plage
où reposer ses vagues,
elle avait essuyé des tempêtes violentes
et meurtri son visage aux parois des récifs,
elle avait transporté des vaisseaux magnifiques
et bercé dans ses creux d'écume fleurissante
mille et mille dauphins et baleines d'argent...
Elle était un peu lasse sous l'infini des cieux,
saturée d'horizons
et noyée de silence...
Elle rêvait sans fin d'un sable doux et tendre
où sa lame pourrait à loisir se détendre,
un sable aux poudres d'or, tout crissant de légendes,
qui lui raconterait le pas léger des hommes...
Frédérique Ramos
Il était une fois un papillon de vent...
Il était une fois
un papillon de vent
qui flottait sur la brise et riait des nuages...
O douceur de l'éther quand dansent les grands vents,
ses aînés flamboyants qui purifient l'espace,
tourbillonnent sans fin en se jouant du Temps!..
Ce n'était qu'un enfant,
un papillon de vent
comme un soupçon d'aurore,
un friselis de vague,
une esquisse de chant,
un tendre amour naissant...
en lui s'était enclose
la pureté du ciel
et la fraîcheur des anges.
Il était impatient de ses métamorphoses,
il rêvait d'être fort, de dominer les airs
de se changer en aigle ou goéland de vent,
doté d'ailes immenses qui soumettraient le Temps...
Frédérique Ramos
Il était une fois une fenêtre close...
Il était une fois
une fenêtre close
qui s'ennuyait un peu de regarder dehors
un paysage muet qui ne bougeait jamais.
Elle avait pour parure une vitre bien claire,
transparente et très lisse où les pluies ne restaient
que l'instant d'un sillon de gouttes étoilées...
Elle rêvait souvent
de longs déserts mouvants
et de vagues altières chevauchant l'horizon,
elle avait dans l'esprit
des images de vents
balayant tout l'espace
le temps d'un vol d'oiseaux...
Dans la monotonie
figeant tous ses reflets,
elle sentait mourir
son âme translucide.
C'est alors qu'il advint
un fait hors du commun:
de plus en plus rebelle à sa mission native,
elle devint opaque et dense, et maladive,
et l'on vit se graver sur son verre noirci
l'image d'un grand aigle aux ailes déployées
qui pourfendait l'éther vers l'or des galaxies...
Frédérique Ramos

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