QUI NE CONNAIT LA PEINE…
Qui ne connaît la peine
Envahissant le cœur
Telle une vague amère
Laissant trace d’écume,
Ce sel gris de paroles
Qui ont su blesser l’âme,
Fêlures impalpables
Qui ont fait tant de mal ,
Qui ne connaît la brume
Des vaines obsessions
Qui cachent les soleils
Et font mourir l’espoir
En gonflant à loisir
Leurs fantômes stériles
Que nous laissons grossir
Comme des lunes noires,
Qui ne connaît le poids
Des souffrances profondes
Qu’on s’inflige à soi-même
En ne les chassant pas,
Ouvrant notre être faible
A leur emprise extrême
Sans comprendre vraiment
Qu’elles nous seront fatales,
Qui ne connait pourtant
L’antidote infaillible,
Il est comme un ciel pur
Effacé de nuages,
Quand notre volonté
Exile sans pitié
Tous les brouillards mauvais
Qui nous emprisonnaient,
Eteignons une à une
Ces visions assombries
Dansant le carrousel
De démons ennemis,
Nous reverrons enfin
Rejaillir les rayons
Eclairant nos sentiers
De confiance sereine,
Acceptons pour épreuve
Nos brisures, nos pertes,
Ressuscitons nos cœurs
D’amitié non de crainte
D’amour non de rancune,
Nous serons à nouveau
Comme un enfant fragile
Libéré de la peur
Dans les bras de sa mère,
Qui lira ce poème
Aura gravi les routes
Escarpées de la vie,
C’est notre sort humain,
Notre lot fraternel,
Alors je le salue
Et lui souhaite clarté,
Au puits de ses pensées,
Nous nous verrons peut-être
Au détour d’un chemin,
Lisant dans nos regards
Le défi aux destins,
Ce regard pénétrant
Encore empreint de larmes
Qui n’est plus que tendresse
Et douce compassion…
Frédérique Sternberg-Ramos

