RESTE, NE T’EN VA PAS, MAMAN…
Reste, ne t’en va pas, Maman,
C’est moi, Vincent, moi ton enfant,
Reste, ne m’oublie pas, Maman,
Moi, j’ai un cœur fidèle, aimant,
Je ne suis pas comme le vent,
Je ne suis pas comme un amant,
Si souvent volage et changeant.
Reste, ne t’en va pas, Maman,
Mon amour sera ta maison,
Et ton sourire ma passion,
Je te conterai des histoires
Pour te distraire, chaque soir,
Et je te ferai des gâteaux
Et je t’offrirai des cadeaux.
Je t’aime si fort, ô Maman,
Je veux tes bras autour de moi,
Et ton regard si doux, ta voix,
Pour me faire franchir le temps.
Qu’est-ce qu’un garçon sans sa mère,
Une ombre perdue sur la terre,
Un puits de larmes bien cachées
Dans lequel il va se noyer.
Maman, écoute ma prière,
J’obéirai, tu seras fière
D’avoir un fils bien élevé.
Je serai un poids si léger
Que tu pourras vivre tranquille
Et tout te semblera facile.
Je t’aime si fort, ô Maman,
Je ne veux pas que tu me quittes,
Je veux qu’avec moi tu habites
Pour faire briller chaque instant.
Maman, crois-moi, je t’en supplie,
Je suis ton enfant, ton ami,
Plus tard, je te protègerai,
Toujours sur toi, je veillerai.
Reste, ne t’en va pas, Maman,
C’est moi, Vincent, moi, ton enfant,
Je t’aime si large et si grand,
Nul ne pourra t’aimer autant.
Reste, reste avec moi, Maman,
Reviens sur tes pas, je t’attends !
Paroles de Frédérique RAMOS.
LE TRIPTYQUE DE LA PAIX (1)
Fugace, elle écrit en arpèges
Une ligne de moments calmes,
Elle ressemble un peu
A un jardin perdu
Peuplé d’hortensias blancs
Et de lys odorants…
On la cherche souvent
Au profond d’un silence
Quand le monde endormi
Laisse veiller les cœurs
Et on l’attrape au vol
Comme une plume vive
Qui, soyeuse et légère,
File à travers nos doigts…
Lorsque l’on a saisi
Sa nature première
Si subtile et discrète
Qu’elle en paraît diaphane,
On connaît l’alchimie
Des extases divines,
Cette impression d’azur
Qui, d’un coup de pinceau,
Transmute en clair pastel
Nos brumes primitives…
LE TRIPTYQUE DE LA PAIX (2)
Qui donc est-elle ?
Elle, que chaque cœur appelle,
Elle, toute légère d’ailes,
Plus fraîche qu’une pluie du ciel,
Elle, limpide et calme
A la cime bleue de nos âmes.
Pour qui vient-elle ?
Elle que chaque cœur épelle,
Elle, trop éphémère et telle
Que nul être humain ne la scelle
Pour un temps qui soit éternel.
Sur notre terre folle et belle,
Elle s’envole à tire-d’aile,
Aussi radieuse que cruelle,
Vive, volage et irréelle.
Chaque humain la rêve fidèle,
Elle fuit comme une hirondelle,
Bienheureux seront les pays
Sur qui son étoile aura lui,
Même un instant succinct de vie,
L’instant d’un songe d’harmonie…
LE TRIPTYQUE DE LA PAIX (3)
Sous les voûtes ombreuses
D’une forêt profonde,
Elle est là qui sommeille
Sur la mousse très douce tapissant les racines
D’un arbre séculaire
Dont frémissent en vert les feuillages légers
Sous l’effet délicat d’une brise timide…
Au bord d’un étang sombre
Où se mire la lune,
Elle est là qui scintille
Quand tout repose autour, quand les rêves s’envolent
Tels de belles comètes sillonnant l’infini,
Jusqu’au lieu de beauté qui hante nos consciences
Et dont seule la nuit nous livre les secrets…
Sur la crête des vagues
Aux rebords écumeux
Qui s’enroulent et dansent en sonores cadences,
Elle est là qui se berce
Au rythme régulier de la houle envoûtante
Quand la conscience en veille abandonnant ses luttes
Efface toute image au coeur pur du roulis,
Tel un petit enfant qui s’éveille à la vie…
ENFANCES (4)
Enfances, parlez-nous de vous…
Fûtes-vous douces ou amères ?
Surtout, ne croyez pas, amis,
Que le seul fait d’être un enfant
Veuille dire un plaisir, un épanouissement,
Car il est une enfance au bord sombre des rues
Qui rôde dans la nuit loin des cocons douillets,
Sans parents pleins d’amour prêts à la protéger,
Une enfance qui pleure en solitude amère
N’ayant pas même envie d’ébaucher un futur,
Une enfance victime assommée par les coups,
Une enfance oubliée que les grands ne voient pas,
N’ayant pas même envie de parler avec elle.
Bien-sûr, heureusement, il en est de joyeuses
Qui courent dans les champs en riant aux éclats,
Qui dégustent la tarte aux fruits encore tièdes,
Qui dort, l’âme comblée, dans des lits de douceur
Où les rêves sont rêves et non pas cauchemars,
Où l’on ne tremble pas, où l’on n’a pas besoin
De songer avec peur aux maux du lendemain.
Que reste-t-il pour trace de ces jours passés
Qui ne reviendront plus émailler nos destins ?
Sont-ce des cicatrices ou des greniers heureux
Tout encombrés de jouets et de souvenirs tendres ?
Enfances, s’il est vrai qu’on ne peut rien changer
A ces temps révolus qui vous ont façonnées,
N’oubliez pas, surtout, que vous pouvez, adultes
Ecrire votre histoire comme vous le souhaitez
En lettres de courage, en pages de fierté
Pour un bonheur tout neuf que vous saurez créer.