
PRIX ANNA DE NOAILLES A LA SOCIETE DES POETES FRANCAIS 28 MARS 2025


PARUTION LE 1ER SEPTEMBRE 2025

PRIX ANNA DE NOAILLES A LA SOCIETE DES POETES FRANCAIS 28 MARS 2025


PARUTION LE 1ER SEPTEMBRE 2025
LORSQUE L’HOMME DÉPOSE…
Lorsque l’homme dépose
Au creux de son esprit
Une perle de joie
Un saphir de lumière
Le monde alors s’allège
Il semble que des plumes
Volent au bleu du ciel,
Que des flocons de paix
Baignent de transparence
Les humaines cités
Où la noirceur tapie
Fomentait des horreurs.
Une minute à peine
En l’esprit de tout être
En un même moment
Sur toute la planète
Engendrerait l’éclat
De milliers de soleils
Et fleurirait de roses
Les sables des déserts…


J’IMAGINE EN MON ÂME…
J’imagine en mon âme un sourire intérieur
Comme celui des grands et hauts bouddhas dorés
Immobiles, sereins, au milieu des forêts
Où l’herbe a envahi les temples qui se meurent,
Mais je le vois plutôt dans l’éther rayonnant,
Plein d’humour et de joie, complice et fraternel.
Son énergie distille un amour éternel
Qui grandit dans le cœur de tout être vivant.
Il est Celui qui Est, que l’on ne sait nommer,
Le même pour tout être et toute créature.
Il est l’ordre parfait régulant la Nature,
Sa bonté infinie nous apprend à l’aimer.
On peut l’appeler Dieu, lui prêter mille noms,
Lui rêver un visage ou l’adorer sans forme,
Le peindre en noir, en blanc, ou bien en polychrome,
Il est l’essence même de la Création.
Il arrive parfois, en un moment de grâce,
Que notre âme attentive aux signes d’au-delà
Perçoive sa présence aux parfums délicats
Et en garde à jamais l’indéfectible trace.

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LE BLEU CHANTE…
Le bleu chante, se répand,
Avalaisons saphir en notre esprit,
Brasillements resplendissants
Qui semblent des morceaux de ciel
Quelque chose tout au fond de nous peint des vitraux sacrés.
Une avalanche de transparences
Turquoise pâle
Submerge nos pensées.
Il ne fait pas soleil
Il fait bleu, bleu partout à perte de vue…
Ataraxie de l’instant
Vol du temps réservé aux dieux
Bonheur et sacrilège
Une musique intérieure transmute ses harmonies
En d’immenses tapis d’aigue-marine…
L’humain s’estompe peu à peu
Se dissout, s’évanouit.
Tout plane dans un bain de légèreté subtile.
L’essence même de l’existence
L’identité secrète, réelle de l’être
Soudain définit ses contours.
Il fait bleu
Il fait doux
Tout se révèle enfin !
Les arcanes majestueuses de l’univers
Ouvrent leurs parchemins de connaissance
Les mondes roulent leurs rochers cosmiques
Sous le feu des comètes perdues
Toutes les galaxies s’allument au feu
Des pensées purifiées…
Les empires céruléens déploient
Leurs vagues iridescentes
Sur nos corps et nos âmes abandonnés à la paix.
Plus aucune ombre
Ni obscurité
Ne pénètre les plaines limpides de nos consciences.
Le temps s’éclipse
Grimpe des escaliers lointains
Qui le conduisent vers des contrées invisibles
Inconnues des regards terrestres…
Les humains écoutent soudain
Le silence qui dort dans leur tête
C’est une densité de silence étrange
Qui paraît les hypnotiser…
Les passementeries du ciel se déploient
On dirait que des ères passent et repassent
À grands bonds de lumière outremer,
Le bleu triomphe en nappes célestes et océanes.
Il fait bleu à en perdre la vue
Éblouissement suprême
Rien d’autre n’est désormais connu
Calme, sereine certitude
D’avoir trouvé sa place
Au milieu de la Création.
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OÙ SONT PARTIS MES MOTS DE LUNE…
Où sont partis mes mots de lune,
Mes mots pêcheurs d'étoiles
Aux filets de douceur?
Sont-ils noyés dans les malheurs de notre ère malade?
Les lampes de mes mots sont éteintes
Car le monde a trop mal.
Je n'ose même plus chanter le ravissement du ciel
Bercé d'oiseaux et de lumières,
Ne viennent que des larmes,
Des mélodies de peine
Sur des violons plaintifs...
Où sont partis les mots cristal
Qui festonnaient mes vers de transparence ?
C'étaient de jolis mots légers
Rayonnant la joie de la terre.
Mes mots sont devenus
De lourdes pierres,
Des météorites aveugles
Frappant nos âmes de douleur.
Pourtant,
Je le sais bien,
Les mots sont importants,
Ils sont porteurs d'espoir,
Ils ont des ailes d'archange,
Des plumes de mésanges rieuses
Des visages de déesses bienveillantes,
Ils sont les grands compatisseurs de l'univers,
Les serviteurs dévoués,
Les scribes éternels!
Je veux qu'ils me reviennent très vite
Pour que je puisse encore parler de l'espérance,
Je les baptiserai pinceaux de foi en une terre plus belle,
En une humanité meilleure,
Et je les jetterai en l'air très loin, très haut,
Pour qu'ils repeignent l'horizon
De tolérance et de mansuétude...



HYMNE À LA LUNE
De ma main je capture
Une pépite d'or qui luit sur la fenêtre,
Mouvance pâle sous la brise qui danse,
Fugitive luciole...
Est-ce toi, Lune, ô Lune lointaine,
Veilleuse de nos peines nocturnes?
Salut à toi,
Lune des vents parcourue de nuages!
Lune aux silhouettes changeantes,
Artiste fantasmagorique,
Ô Lune flottant sur l'eau des puits,
Complice du sable et des peuples d'étoiles,
À l'heure où les chameaux sommeillent
Loin des humains bavards,
Au cœur des hamadas...
Salut à toi
Lune secrète, Lune mystique,
Pure comme un beau chant d'enfant
Montant du haut des cathédrales!
Tu perces les vitraux de ton aura de sainte
Et puis vite éclipsée,
Tu fermes tes reflets...
Lune, ô Lune des Songes,
Ton regard m'effleure,
Tendre caresse, serais-tu donc un rêve?
Mille poudres sereines
Se posent sur mon âme.
Je te salue dans ta splendeur astrale!
Ô Lune, lune douce, rieuse,
On dirait bien que tu souris
Là-haut, dans l'infini cosmique!
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ÉPHÉMÈRE
Est-il plus éphémère en nos humaines vies
Que la voix des aimés si chère à notre cœur ?
On l’entend résonner près de nous, à toute heure,
Sans savoir qu’elle ira s’évanouir dans l’oubli.
Viendra le jour bien triste où elle se taira,
Il ne restera plus dans notre âme pleurante
Que l’écho bienheureux des journées scintillantes
Tandis que peu à peu elle s’éloignera.
En ces temps avancés où la technologie
Nous apporte son aide en conservant la trace
Des images, des sons, qui autrement s’effacent,
Nous pouvons retrouver de nos défunts chéris
Le sourire et la voix, et les gestes aussi.
On a pu les fixer, parfois à leur insu,
Lors d’instants amusants ou bien inattendus,
En famille, entre amis, lors de cérémonies…
Depuis toujours il faut apprendre à endurer
Cette douleur vécue par l’homme sur la terre
De voir que toute chose est d’essence éphémère,
Que ce qu’on aime tant ne saurait perdurer.
Ainsi s’envole à l’air le pétale des fleurs,
Se dissipe soudain le parfum déposé
Au creux de nos cheveux, au doux de nos poignets,
Comme un rêve perdu qui cherche sa demeure,
Comme une bûche au feu dont la cendre s’éteint,
Comme le sable d’or qui sous le sirocco
Instaure un paysage où règne le chaos
Cependant qu’il poursuit ses aériens destins…

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SUR L’ENCRE BLEUE…
Sur l’encre bleue des vagues mouvantes
Qui peignent un horizon pur,
Parapher mes douces rêveries
De murmures aquatiques et de vents
Tandis que le monde scintille
À la pointe d’un ciel dormant
Pareil à un songe utopique
Envolé de nos âmes légères…
Oublier les ombres
Enveloppant la terre,
S’échapper à soi-même
Dans les rouleaux d’écume
Sur l’encre indéfinie
D’un temps qui s’est perdu…


L'ETE
L’été, à petits pas de pêche,
Avance en ombre et en soleil
Sur les pelouses qui sommeillent,
Bercées par les torpeurs légères.
Même le vent s’est allongé
Pour tisser de fils ondulants
Ses fougueux rêves de voyage.
Il manque au ciel son mouvement
De blancs nuages pèlerins.
Même les marées se reposent,
Roulent lentement vers les berges
Comme des chevaux qui vont l’amble…
Partout le monde ralentit,
Gonflé d’azur et de lumière
Tandis que les fleurs épanouissent
En courbes douces leurs corolles.
Dans l’air aux couleurs éclatantes,
La barque de nos sens chavire,
Un mystère de scintillances
Comble les âmes et les cœurs.
L’été peint sur les paysages
Les pourpres reflets du couchant
Dans la chaleur tendre du soir
Quand tout s’envoûte de parfums…



Aujourd'hui mes mots violoncelles
Tissent des feuillages
D'étoiles et d’oiseaux,
Ils disent l'amour doux
Couleur de jade clair et de velours profond.
Aujourd' hui mon poème est piano
Et ses touches vibrantes
Chantent des concertos pour les grands océans,
Les vagues écumeuses
Montent au long des phrases
Suivant le souffle long des alizés marins...
Aujourd'hui mon verbe est violon
Son archet glisse au long
De champs de blés dorés qui dansent sous les brises...
Mes gammes de phonèmes mélomanes
Cherchent le juste accord,
La vocalise exquise,
Et tous mes mots jouent de la flûte
Pour enchanter la lune
Ils gambadent gaiement
Tels de petits danseurs sautant de toit en toit..
Tous les jours, sans arrêt
Mes poèmes jouent de la harpe,
Ils cherchent la magie des harmonies sacrées
Celles de Pan, celles d'Orphée ou d'Apollon,
Celles des métamorphoses
Des sons en mots, des mots en sons
Car toute parole est vibration
Depuis l'aube
Lointaine
De la Création...
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