Photo by Luisa Rusche | Unsplash
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Soleil couchant
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Soleil couchant
Dans cette vie si rude et si sombre et amère,
Vie de deuils, d’abandons, de ruptures et de guerres,
Qui parfois fait de l’homme un monstre sanguinaire,
Capable de violer, massacrer, torturer,
De mentir, de tricher, de ruser, de spolier,
D’oublier jusqu’au nom de son humanité,
De devenir serpent, scorpion ou bien chacal,
D’être le plus cruel de la race animale,
Dans cette vie de lutte où l’on doit chaque jour
Se battre pour garder son enfant, son amour,
Sa place, son statut, son droit de liberté,
Son droit d’être compris, entouré, protégé,
Il est un guide qui jamais ne nous délaisse
Un compagnon qui sait adoucir nos détresses,
Qui nous ouvre chemin une lampe à la main,
Qui pare d’arc-en-ciel nos cartes de destin,
Un peu comme le son délicat d’un piano,
Comme l’éclat pastel d’un lever de soleil,
Comme le goût sucré d’un raisin de la treille,
Comme le souffle doux d’un tiède siroco,
Il est là près de nous, il habite en notre âme,
Sans qu’on en ait conscience, il nous baigne de calme,
Intangible, invisible et puissant médiateur,
Lui seul sait nous parler d’un avenir meilleur
Sans doute car il est l’essence de la vie,
Il s’appelle l’Espoir, rien n’existe sans lui.
DEVANT LA MER...
LE TRIPTYQUE DE LA BEAUTE
1. D’où vient que la Beauté…
D’où vient que la Beauté parfois nous monte à l’âme ?
Quelle est sa clef cachée, son secret, son sésame ?
Dans un recueil rempli par des milliers de mots,
Pourquoi certains sont-ils plus touchants et plus beaux ?
Tel un soleil ardent qui fait mûrir les fruits,
Elle engendre la joie au fond de nos esprits,
Telle une eau bienfaitrice aux lèvres d’un blessé,
Elle rend plus profond le désir d’exister.
Depuis l’aube des temps, elle parle aux humains
Par codes différents un langage commun.
Sous toutes latitudes et toutes longitudes,
Elle peut nous plonger en sa béatitude
En nous offrant à voir ou entendre ou toucher
Quelque chose qui va nous faire palpiter,
Quelque chose qui vibre en notre être intérieur,
Nous comblant d’une extase aux vertus supérieures.
On dit que c’est des Dieux un morceau de Lumière
Que pour nous consoler ils nous auraient offert.
La Beauté serait donc, en un éclair fugace,
De quelque Transcendance une éclatante trace ?
Sa présence sans cesse éclaire nos journées,
On la voit chaque jour près de nous rayonner,
Procurant une étrange et merveilleuse ivresse
Qui, mieux qu’un vin fameux, nous met le corps en liesse.
Elle adopte pour forme un arbre ou une fleur,
Un tableau ou un chant, un poème qui pleure,
Un vase très ancien, un visage parfait,
Une danse gitane ou un miserere,
Un paysage immense où s’endort le soleil,
Un horizon sans fin où le bleu étincelle,
Un sourire d’enfant, un bijou ciselé,
Un cristal, un diamant, un livre enluminé,
Un vitrail scintillant dans une cathédrale,
Une rose épanouie dont s’effeuille un pétale,
Et tant d’autres trésors qu’on ne peut les citer
Car tout autour de nous ils brillent par milliers…
Que ce soit par cela ou par d’autres splendeurs,
La Beauté pourrait bien nous rendre un peu meilleurs,
Nous montrant en ce monde, au lieu de la violence,
De la haine qui ôte en nous toute conscience,
De la folie qu’engendrent tous nos égoïsmes,
Notre matérialisme et notre impérialisme,
Un bien à partager par nos peuples unis :
Cette magnificence éparse à l’infini…
QUI NE CONNAIT LA PEINE ENVAHISSANT LE COEUR…
Qui ne connaît la peine
Envahissant le cœur
Telle une vague amère
Laissant trace d’écume,
Ce sel gris de paroles
Qui ont su blesser l’âme,
Fêlures impalpables
Qui ont fait tant de mal,
Qui ne connaît la brume
Des vaines obsessions
Qui cachent les soleils
Et font mourir l’espoir
En gonflant à loisir
Leurs fantômes stériles
Que nous laissons grossir
Comme des lunes noires,
Qui ne connaît le poids
Des souffrances profondes
Qu’on s’inflige à soi-même
En ne les chassant pas,
Ouvrant notre être faible
A leur emprise extrême
Sans comprendre vraiment
Qu’elles nous sont fatales,
Qui ne connait pourtant
L’antidote infaillible,
Il est comme un ciel pur
Effacé de nuages,
Quand notre volonté
Exile sans pitié
Tous les brouillards mauvais
Qui nous emprisonnaient,
Eteignons une à une
Ces visions assombries
Dansant le carrousel
De démons ennemis,
Nous reverrons enfin
Rejaillir les rayons
Eclairant nos sentiers
De confiance sereine,
Acceptons pour épreuve
Nos brisures, nos pertes,
Ressuscitons nos cœurs
D’amitié non de crainte
D’amour non de rancune,
Nous serons à nouveau
Comme un enfant fragile
Libéré de la peur
Dans les bras de sa mère,
Qui lira ce poème
Aura gravi les routes
Escarpées de la vie,
C’est notre sort humain,
Notre lot fraternel,
Alors je le salue
Et lui souhaite clarté,
Au puits de ses pensées,
Nous nous verrons peut-être
Au détour d’un chemin,
Lisant dans nos regards
Le défi aux destins,
Ce regard pénétrant
Encore empreint de larmes
Qui n’est plus que tendresse
Et douce compassion…
LE TRIPTYQUE DES REVERIES
REVERIE AU BORD DU SOMMEIL...
Dans la nuit d’outremer, soulevant les paupières
J’ai vu soudain la chambre entrouvrir son plafond
Envol vertigineux vers la voûte étoilée,
Griserie de mon corps, libre, en apesanteur,
Inoubliable ivresse, étonnement, splendeur,
L’étincellement pur, la musique des sphères,
Et puis, plus rien ! Un voile a recouvert l’éther…
Voici surgir un puzzle aux motifs fascinants,
C’est une galerie d’images futuristes
Qui, tel un tsunami, submergent mon esprit…
Un monde nouveau-né peu à peu m’apparaît :
Sur la planète bleue, il n’est plus de forêts,
Pas un seul arbre au loin, pas un soupçon de vert,
Ici et là dressées, d’énormes tours génèrent
L’oxygène à grands flots, il n’y a plus de plages,
Je découvre des champs de milliers d’éoliennes
Dont les rangs trop serrés pareils à des barreaux
En occultant la vue de nos beaux paysages
Transforment notre terre en une affreuse geôle.
Les maisons sont un cube où le verre reflète
Les rayons affaiblis d’un soleil moribond,
Il y a des humains qui marchent lentement,
Comme épuisés de vivre au cœur d’une prison,
Mais pas un animal visible à l’horizon.
Dans le ciel grisailleux, pas un avion ne vole,
Tout a l’air triste et laid, je cherche des couleurs…
Je n’en peux plus de voir cet horrible spectacle !
M’arrachant violemment à ce songe éveillé,
Je me lève et je vais entrouvrir la fenêtre
Pour respirer l’air frais qui monte du jardin,
Mon cœur qui bat s’apaise et je me sens revivre,
L’aube pointe ses lueurs, et les oiseaux qui chantent
Font fuir le cauchemar de cette rêverie.